29 oct. 2015

Il y a des jours où je n'y arrive pas.

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Il y a des jours où je n'arrive pas à être la maman que je veux être. La maman bienveillante, attentionnée, qui ne crie jamais, qui arrive à anticiper les crises, qui arrive à détourner l'attention de son petit sur un objet non interdit, qui élève son enfant non pas comme on dresse un chien mais comme on apprend la vie à un être humain.
Je t'expliquerais probablement dans un autre billet pour quoi j'en suis arrivée à l'éducation bienveillante. Ici, je veux surtout vider mon sac, vider ce trop-plein d'émotions violentes, ces contradictions invivables.



Depuis quelques temps, Junior forge son petit caractère de bébé de 17 mois. Il devient de plus en plus autonome notamment dans ses décisions, ses jeux, ses repas. Il décide s'il joue dans le salon ou dans la chambre, il ouvre les tiroirs à jouets à sa guise, il exige d'avoir une cuillère en main aux repas histoire de faire comme si c'était lui qui vider le petit pot.
Cela me semble normal, cela fait partie de son développement, c'est une phase. Cette phase est tout de même loin d'être la plus facile pour les parents et en particulier pour moi. Cela fait des mois que, conformément à mes lectures et mes recherches sur l'éducation des tout petits, je tente de fixer des limites en disant "stop" (et souvent "non" aussi). Des mois passés à expliquer plus ou moins calmement que lorsqu'il me donne des coups de pieds sur la table à langer, ça me fait mal; qu'il ne faut pas taper sur la télé parce que c'est fragile; qu'il ne faut pas balancer tout et n'importe quoi parterre parce que c'est fragile, parce que le sol c'est sale...; qu'il ne faut pas taper sur Maman mais faire des caresses; qu'il est interdit de venir dans la cuisine quand on y cuisine justement parce que c'est dangereux...
Cela fait des mois que parfois, mes réflexes violents surgissent. La plupart du temps je cogne sur les meubles ou les murs mais parfois, très rarement, je tape mon bébé. Je me souviens d'un matin où, en lui changeant la couche, Junior me donne des coups de pieds dans le ventre. Comme d'habitude. Sauf que là, je viens de me réveiller, il m'a fait mal, ma main part toute seule sur sa cuisse. Je vois dans ses yeux qu'il ne comprend pas mon geste. Il semble hésiter entre "elle a pas fait exprès de me faire mal" et "elle m'a fait volontairement mal", et donc "pourquoi me fait-elle mal?" . Moi, évidemment, j'en pleure. Je regrette immédiatement, lui explique que je n'aurais pas dû faire ça, que je l'aime mais qu'il me fait mal et que j'aimerais qu'il arrête de faire ça.
C'est arrivé quelques fois, des tapes sur la main ou les cuisses. Des tirages de bras pour le déplacer d'un endroit à un autre. Je le regrette bien sûr! Je m'en veux.

Là où je m'en veux peut-être le plus c'est lorsque je lui crie dessus. Ou plutôt lorsque je lui HURLE dessus. Je ne fais qu'hurler mes émotions, mes sentiments mais je hurle. Et ça pour le coup ça le fait plus réagir que les tapes. Il sursaute, me regarde et se met lui aussi à pleurer. Je vois bien qu'il ne comprend pas ma réaction mais moi j'en ai tellement marre qu'il me fasse mal, qu'il ne fasse pas attention, qu'il ne tienne pas compte de nos interdits, qu'il n'écoute tout simplement pas que je hurle de rage et surtout de désespoir car je ne vois pas comment cela va finir.
Je lui demande en hurlant à quoi ça sert que j'essaie d'être bienveillante avec lui si en retour il n'écoute pas, je lui dis que j'en ai marre de me faire taper ou griffer, je lui dis que je suis fatiguée et triste.

Comment cela va-t-il progresser? Va-t-il comprendre à force de répétitions les limites et les respecter quand son cerveau sera suffisamment mâture? Est-ce qu'un jour un simple "stop" suffira à arrêter son geste? Est-ce que je vais me transformer en marâtre s'il n'écoute pas plus? Vais-je devenir la mère que je ne veux pas devenir? Vais-je devoir passer aux punitions? Mon fils va-t-il devenir un enfant tyrannique et capricieux?

Voilà où j'en suis aujourd'hui. D'un côté je suis convaincue qu'un parent doit être bienveillant avec ses enfant, qu'un enfant ça ne se dresse pas, que la fessée n'est pas du tout une solution, que crier n'arrange rien...D'un autre côté, je me demande si un jour mon fils m'écoutera quand je lui demande quelque chose comme me donner la main ou venir me voir quand je lui demande.
Je ne suis pas en train de te dire que je renonce à la bienveillance puisque ça ne marche pas. Je sais que l'éducation à l'ancienne ne marche pas forcément mieux et que même si c'était le cas ça ne serait pas sans conséquences pour mon fils. Mais je me demande si je fais bien? Si les enfants du même âge se comportent comme ça? Comment leurs parents réagissent-ils? Quand cette phase se finira-t-elle?

Beaucoup de questions et de doutes de mon côté sur ma façon de faire non pas parce que la bienveillance est à la mode ou parce que je veux coller au diktats éducatifs actuels. Je doute tout simplement de ma capacité à bien élever mon enfant, comme énormément de parents, inscrits dans la mouvance de la bienveillance ou non.


27 commentaires:

  1. J'ai pas grand chose à te dire, on essaye de faire de notre mieux mais parfois on est nous aussi à bout et on agit violemment. Ça m'est arrivée aussi, ça m'arrivera encore et ça arrive à tous les parents qui s'occupent de leurs enfants. Après tu apprends aussi à ton fils l'humanité, que maman n'est pas super woman et que parfois elle est fatiguée et il faut être gentil avec elle. Bon courage en tout cas...

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    1. Finalement c'est peut-être en partie pour ça que j'ai écris ce billet: voir si ça se passer comme ça chez les autres aussi. Je n'étais pas franchement sûre que ces réactions ne me soient pas spécifiques, issues de mon passé...Etant donné tous les témoignages, je suis en partie rassurée (on tape tous nos enfants, youpi!), je ne suis pas la seule à péter un plomb de temps en temps!

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  2. Ma fille a 21 mois et je suis passée exactement par ces questionnements aux alentours de 18 mois. Il y a vraiment eu une phase de crises, d'affirmations, et du coup de doutes quand à la bienveillance que j'essaie de maintenir, surtout quand le papa te dit que tu te fait "bouffer". J'ai la sensation que la grosse crise est passée pour nous, mais bien sûr il y a encore des jours et des moments très difficiles qui mettent à mal mes convictions et les nerfs. Mais en tout cas, oui répéter 50000 fois les trucs calmement ça marche, aujourd'hui sur le chemin de la nounou, ma fille m'a donné spontanément la main pour traverser la route (généralement elle hurle et se roules par terre). Peut-être, surement que demain elle ne le refera pas, mais la sensation de fierté (d'elle mais aussi de soi-même en tant qu’éducatrice), ça permets de continuer. Accroches toi, ça va paraitre super bateau mais fais-toi confiance et fais confiance à Junior à passer cette dure période.

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    1. Merci de partager ton vécu parce que ça me rassure énormément!!! Cette phase va se TERMINER!!! Un jour, pas tout de suite mais un jour... Et ça, j'en étais même plus sûre.
      Le manque de "réponse" du côté de Junior m'a complètement démotivé sur le coup et sans résultat ça m'est compliqué de garder confiance en moi. Je vais m'accrocher et essayer de retrouver ma patience puisque ça marche!
      Bon courage à toi :-)

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  3. Ton article me parle beaucoup, surtout aujourd'hui où P. nous a bien poussés à bout (et la journée n'est pas finie !!). On est en plein dans le "terrible two" et je confirme que c'est particulièrement terrible et pénible. Mon bébé qui était si mignon et si gentil s'est transformé en petit démon ! Il fait TOUT ce qui interdit, n'écoute RIEN, n'en fait qu'à sa tête ... Bref, c'est dur !! Comme toi, je suis pour l'éducation bienveillante mais il y a des jours où je n'ai pas la patience nécessaire et je me transforme en dragon qui crie ... Je déteste ça, je m'en veux mais en fin de compte, je fais toujours de mon mieux. C'est une phase, on en viendra à bout ! (et dire qu'après, il y a l'adolescence ...)

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    1. L'image du dragon c'est tout à fait ça! La plupart du temps j'arrive à me contrôler, à souffler, à respirer pour ne pas cracher du feu...mais parfois, mon pouls s'accélère, je perds patience, j'oublie Filliozat et je hurle!
      Je redoute pas trop l'adolescence moi (bon déjà parce que ça me paraît hypeeeer loin) parce qu'un ado ça parle, enfin ça PEUT parler. Alors que Junior il sait pas parler, impossible de mettre des mots sur ses maux et ça ça ne facilite pas les choses.
      Bon courage à toi aussi!

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  4. Je suis déjà loin des 17 mois mais si cela t'intéresse quelques articles sont consacrés à l'éducation et aux limites sur mon blog. Courage! Dans quelques mois ce ne sera plus qu'un souvenir.

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    1. "Dans quelques mois ce ne sera plus qu'un souvenir." Une copine m'avait dit cette même phrase quand je lui parlais des nuits blanches avec bébé accroché aux nichons...à l'époque je ne voyais pas le bout du tunnel mais une fois cette période finie (vers 3 mois), elle m'a finalement pas semblé si longue ou si dure... Pourvu que cette phase me laisse la même sensation!
      J'irai lire tes articles (quand j'aurais un peu de temps pour lire) mais je t'avoue que, en temps de crise, mon cerveau à tendance à oublier tout ce qu'il a lu. :-)

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  5. C'est courageux à toi d'écrire cet article. Je compatis à ta détresse.
    Chez nous on commence à dire non et c'est difficile pour moi, mais il est clair que j'ai encore un bébé qui ne comprend pas ce qu'il fait, ça aide à relativiser.
    Et surtout le papa est autant présent que moi et j'ai mon travail pour hurler (non c'est pas vrai, je suis très gentille au travail). Mais je passe pas mal mes nerfs sur le papa ...
    Tu sais, douter de son éducation fait surement de toi une bonne mère ;) Les ratés aussi :)
    Maintenant si tu te sens un peu trop débordée, je préconise des vacances au bout du monde, 3 jours sans Junior et il te manquera tellement que tu en fera carrément un enfant roi !
    Mais je vis la même chose que toi, mon fils est une brute (il est pas tendre avec lui même non plus, ils se jette souvent en arrière, mais il n'y a pas toujours quelque chose d'autre que le sol) et parfois je me suis dit que je suis maso d'encaisser tous ces coups, toutes ces griffures ...

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    1. Cette phase que je décris est plutôt récente...et je ne suis pas sûre finalement que Junior soit suffisamment "grand" pour respecter les limites et comprendre ma demande. Je lui en demande peut-être trop...je sais pas.
      Effectivement, après coup, je me dis que se poser des questions sur son éducation prouve qu'on fait ce qu'on peut et qu'on tente de faire de son mieux.
      Pour les vacances je ne dirais pas non mais il est déjà chez la nounou 4 jours par semaine alors que moi je suis à la maison et pourtant, rien qu'entre 16h et 20h il arrive parfois à me saouler grave!
      Pour ce qui est des coups, griffures et autres doigts dans les orifices, j'ai réussi à lui faire comprendre le mot "caresse" et généralement, quand il tape et que je dis "caresse", il s'adoucit. Mais bon, le premier contact reste toujours violent. Après, on ne peut pas lui montrer qu'il ne faut pas taper en le tapant lui...même si des fois ça démange.
      COURAGE!

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  6. Merci pour cet article. Parce que c'est super, oui, l'éducation bienveillante, mais je crois qu'on ne dit pas assez à quel point c'est dur. Et je dois avouer que moi aussi parfois je suis brusque, et il m'est même déjà arrivé de la taper aussi. Rien qui ne soit douloureux, et peut-être deux ou trois fois "seulement" depuis sa naissance, mais c'est terrible, cette sensation de perdre le contrôle de soi-même et de devenir une personne qu'on déteste...

    C'est normal, tu sais, de ne pas toujours y arriver. Et je pense qu'il vaut mieux suivre ta ligne de conduite en t'autorisant (du moins en te les pardonnant) des erreurs, qu'en changeant de ligne de conduite. Et c'est normal de douter de ses capacités... mais après tout, on n'a pas le choix, hein, on est condamnées à faire de notre mieux :)

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    1. Oh oui, la bienveillance c'est dur! Bien plus dur que de dresser son enfant comme un animal avec menaces et fessées! Ce sentiment de devenir la personne qu'on ne veut surtout pas devenir est terrible effectivement et ça me rassure que même toi (oui rien qu'en te voyant sur tes photos et en te lisant je vois que tu es une personne douce et calme) tu aies connu ça!
      J'ai pensé à changer mon éducation mais en même temps je ne connais que la "bienveillance" ou ma propre éducation avec fessées, menaces, découragements...et cette option n'est pas envisageable pour moi.
      Là où je m'en veux aussi de craquer c'est quand ça va bien (la plupart du temps), je vois à quel point mon fils est un amour, dégourdi, curieux, câlin...je me dis alors que je ne suis pas à la hauteur de mon fils, que je ne le mérite pas. D'un autre côté, s'il est comme ça ça doit être un peu grâce à moi hein? ^^

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  7. Pas facile à commenter cet article... Je préfère les points calories ;) !
    Pour commencer, je pense aussi que l'éducation bienveillante est une nécessité. Et je ne pense sincèrement pas qu'en l'utilisant, nos enfants en grandissant deviendront des tyrans. En Allemagne, les enfants sont élevés depuis longtemps de façon beaucoup moins dure qu'en France. Mon mari et mes amis ici n'ont jamais reçu de fessée. Et ils sont des adultes respectueux et responsables. Donc pas de crainte à avoir de ce point de vue là je crois.
    Après, en lisant ton article, je me suis demandée :
    1. Est-ce que tu n'aurais pas besoin d'un peu plus de temps sans enfant ? Je te dis ça parce que de mon côté je me rends compte que depuis que Pierre va à la crèche, j'ai 1000 fois plus de patience avec lui l'après-midi. Je me souviens que Chat-mille avait fait le même constat après sa reprise. Donc peut-être c'est une idée à creuser pour t'aider à décompresser et à mieux gérer cette période, si tu peux faire un peu plus d'heures avec la nounou, je sais pas...
    2. Est-ce que tu penses que tu peux déjà attendre de lui qu'il respecte voire comprenne des interdits ? Il se peut que je ne réalise pas encore ce que peut un enfant de 17 mois. Et il se peut aussi que je sous-estime totalement le mien qui en aura bientôt 12. Mais personnellement je n'attends pas encore de lui qu'il applique une règle de lui même... Mais bon c'est peut-être moi qui ai tort et fabrique un futur tyran en fait :) .
    Enfin quoiqu'il en soit, ne t'inquiète pas, je pense que nous passons toutes par ce genre de phases, de gros doutes sur nos capacités éducatives. Et c'est pas fini !!

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    1. Hahaha! Oui les points calories sont plus faciles à gérer ^^ (d'ailleurs faut que je réponde aussi à vos commentaires là-bas..et que je lise ton dernier billet...et celui de Zou aussi, et de Chat-Mille...)
      Du temps sans enfant j'en ai déjà beaucoup! 28h par semaine, je trouve ça énorme sachant que je suis à la maison pendant ce temps-là. Occupée certes mais à la maison. Ensuite, comme je le disais dans un autre commentaire, parfois je craque pendant le court laps de temps où il est à la maison, entre 16h et 20h. Après, je pense que le fait que la Papa soit à la maison actuellement (congé maladie) mais qu'il ne puisse pas me décharger autant qu'en temps normal, n'améliore pas ma patience...
      Par ailleurs, je pense avec le recul que je lui en demande trop pour son âge. Je ne lui demande pas d'écouter au doigt et à l'oeil mais quand je lui dis d'arrêter 15 fois et qu'il ne tourne même pas sa tête vers moi...je craque! Il comprend tellement d'autres choses que je le pense capable de comprendre et faire attention...à tort peut-être.
      Profites bien de Pierre aujourd'hui parce que je pense qu'il est dans une phase "facile" pour l'instant ;-)

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  8. Quand je te lis je me dis que tu te mets trop de pression et que tu te poses trop de questions. Je m'explique comme le disent très bien les copines dans les com' précédents personne n'est parfait, tout le mode craque à un moment où un autre. Le principal c'est de s'en rendre compte, de l'accepter et d'essayer de reprendre pied. Je crois que s'énerver ne marche jamais, ça ne sert qu'à vider un trop plein de pression de l'adulte (souffle un bon coup au lieu de gueuler, ou même rigole, ça décharge autant) La bienveillance bien évidemment mais teintée de fermeté et de constance. Il faut que ton enfant sente que chaque fois qu'il fait une bêtise, il aura inlassablement la même réponse et que tu es sûre de cette réponse. Et si le doute t'assaille, ne pas lui montrer car il va s'engouffrer direct dans "la faille". C'est instinctif chez lui, il est en train de se forger le caractère donc il teste tout, les objets, les matières et ses parents... Ne te décourage pas, laisse les choses évoluer. Toi tu es là pour mettre des cadres pas pour obtenir un résultat immédiat. Tu guides, tu aides à la construction^^. Et ça, ça prend du temps. bises !

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    1. Je me mets sûrement trop de pression forcément, comme la grande majorité des mamans. D'autant plus actuellement que je suis "mère au foyer". Puis l'enjeu est de taille: bien élever un enfant pour qu'il respecte les autres, qu'il forge sa propre pensée, son propre avis et devienne finalement un adulte bien dans sa peau. Bon, de toute façons, il me reprochera forcément certaines choses...comme pas mal d'enfants.
      Je pense que tu as raison quand tu dis que ma réponse doit être la même à chaque fois même au bout de la 15602837ème tentative. C'est clair que ça prend du temps l'apprentissage des limites, plus que je ne me l'imaginais je crois.

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  9. Je ne comprends que trop bien ta détresse. Récemment justement il m'est arrivé de déraper avec mon grand, une crise incompréhensible, pour rien, moi dans un état d'énervement total, je l'ai poussé et il s'est fait mal au nez. J'en ai pleuré pendant 2 jours, je m'en veux encore et re-visualise mon geste très souvent, je ne veux pas l'oublier ce moment, il me rappelle à l'ordre.
    Je suis quelqu'un de très calme, mais mes fils et mon Homme sont ceux qui peuvent me faire dégoupiller, les personnes qu'on aime le plus sont celles à qui l'on peut faire le plus de mal en fait.

    Je me suis posé beaucoup de questions là dessus, j'avais vraiment peur de moi-même... Et si je ne pouvait pas me contrôler la prochaine fois? Et si je lui faisais vraiment mal? Je me suis même demandé si je ne devais pas partir loin d'eux, pour ne pas les blesser...
    Bref je comprends ton questionnement, et moi je crois qu'il est sain, je crois que ceux qui torgnolent leurs gosses ne s'en posent pas eux, des questions.
    Je crois que tu as bien fait d'en parler ici, tu vois on est plusieurs dans le même cas, à avouer nos dérapages, on est pas infaillibles.
    Et je n'excuse pas ce genre de geste en disant ça, je dis juste qu'il est dur parfois de garder le contrôle, et que notre corps réagit parfois sans vraiment poser de questions au cerveau.

    Tout ça n'enlève rien à ta bienveillance. J'aime bien la phrase d'Aileza "Toi tu es là pour mettre des cadres, pas pour obtenir un résultat immédiat", c'est ça oui, il faut de la patience, ne pas attendre trop d'eux, leur laisser le temps d'apprendre. Et c'est long, il faut se le mettre en tête, il faudra répéter les choses 10 fois, 100 fois, 1000 fois...et c'est chiant, mais un jour il saura!

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    1. Oh ma Zou! Je comprends ta culpabilité moi aussi. Mais toi tu en as deux en bas âge...tu craquais déjà parfois quand Pindulf était encore fils unique? Je veux d'autres enfants mais je t'avoue que je crains de ne vraiment plus y arriver avec deux enfants. Ou alors attendre que le premier ait 12 ans pour faire le second histoire que le premier puisse s'en occuper...Je plaisante mais quelque part, il y a un fond de vérité.
      Ces témoignages me font énormément de bien. Je me sens moins seule, moins nulle.
      Tu confirmes un commentaire précédant: ça passera et un jour il saura! Il faut que je résiste (prouve que tu existes...)

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    2. Non, je ne craquais pas quand il n'y avait que Pindoulf, mais c'était un bébé très facile à vivre (parfait j'ai dit ^^ :p), et au final le fait qu'il ait été si facile c'est ce qui rend ma frustration plus grande quand il y a une crise. Les crises, les tests, les "non", etc. c'est normal tout ça, mais quand on est habitué à ce que tout roule, on a du mal à se prendre les pieds dans le tapis.

      Il faut vraiment relativiser, et aussi lâcher du lest parfois, tant pis si on ne suit pas sa ligne directrice de temps en temps, il ne prendra pas le dessus pour autant. Ça évite de se heurter à un mur, ou de créer un conflit, dans ton cas ce n'est pas vraiment un conflit, mais comme tu le dis tu t'énerves et en fait lui en face il ne comprend pas vraiment pourquoi.
      A ce moment là, vaut mieux laisser pisser...Il y a des jours où on arrive à s'imposer et se faire comprendre, et d'autres jours non, c'est tout.

      Donc pour en revenir à ta question (je me Camillifie ^^), ne te stresse pas pour un deuxième enfant, au contraire, je crois que tu relativises mieux au deuxième, tu deviens plus cool et accepte mieux la "défaite" (dis la nana qui a pété un plomb il y a peu ^^'). Après, les comportements sont différents d'un enfant à l'autre, disons qu'il faut aussi t'écouter plus, si tu sens que c'est un jour sans, alors essaye de regarder les choses autrement et de mettre quelques principes au placard, temporairement (sauf si bien sûr il tente d'escalader la fenêtre).
      Je donne des conseils, mais moi aussi je hurle encore, et je ne réagis pas toujours comme il faut, nous aussi, parents, on est en plein apprentissage, on teste, on se trompe, et un jour ON saura! ^^

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    3. C'est vrai que j'ai tendance à ne jamais céder, à persister à lui dire 48 fois "stop" d'affilée car dans mon esprit si je cède ne serait-ce qu'une fois, c'est foutu! Mais en fait, je pense que tu as raison, je devrais pas autant insister et vouloir qu'il m'obéisse H24. Lâcher du lest, mon nouveau leitmotiv!
      Sinon, j'ai découvert que frapper dans mes mains au lieu de gueuler cent fois "Juniorrrr recule ton nez de la télééééé" était vachement plus efficace...bon après il gueule son mécontentement et tape sur le canapé mais au moins il réagit.

      Ne t'inquiète pas, je ne te catégorise pas comme "donneuse de leçons" (ni toi ni aucune des commentatrices d'ailleurs), moi-même je donne beaucoup de conseils que j'ai du mal à appliquer XD

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  10. Ton article fait du bien, on se sent moins seul et on se retrouve dans tes mots. Alors merci !

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    1. Ecrire tout ça m'a déchargé un peu, lire les témoignages m'ont vraiment soulagé. Si en plus ça peut t'aider toi, la boucle est bouclée!
      Promis, le jour où Junior respectera un petit peu les limites, je ferai un autre article pour crier ma joie et prouver qu'il faut continuer à y croire ^^

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  11. J'ai l'impression de reconnaitre mon fils quand tu parles du tiens. Depuis sa naissance les changements de couches c'est un peu la bataille ou on doit esquiver les coups de pieds, le remettre 10 fois sur le dos etc, vivement la propreté. Je suis aussi pour une éducation positive et bienveillante j'ai lu les livres de Filiozat et d'autres auteurs pour arriver à comprendre mon bébé. La il a presque 26 mois et on est en plein dans la mini adolescence de l'enfant très sympa comme période aussi... La période des 18/24 mois est assez difficile ils n'ont pas conscience des dangers, veulent tout tester et explorer et ne se souviennent pas du stop que tu lui as dit juste avant il faut sans cesse répéter et c'est épuisant. Parfois je suis épuisée, j'en ai marre parfois j'ai envie de gifler mon enfant c'est atroce ce sentiment alors qu'il s'agit de ma chair, mais nous sommes les adultes et on doit arriver à contrôler ce qu'eux ne peuvent pas faire. Dans ces cas là j'en parle a mon conjoint il faut que ça sorte et après ça va mieux. J'ai été frappé par ma mère petite et j'ai toujours eu peur de reproduire avec mes enfants parfois plein de sentiments violents se mêlent en moi à cause de ma propre enfance de cet enfant en moi que sa mère a frappé. Quand ça arrive je souffle je me demande ce qui est le plus important pour moi parfois je me mets ou je le mets a l'écart 5 min le temps que la colère passe, le temps de respirer un bon coup. Plein de courage à vous, la parentalité nous confronte à nous même, a notre enfance, à nos limites mais je suis persuadée qu'on en ressort grandit et quand on regardera en arrière ce tout petit bébé qui faisait des bêtises insignifiantes nous manquera.

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    1. Tout à fait d'accors avec toi. On en ressort grandi et il me manquerait affreusement s'il n'était pas là! La comparaison est peut ètre pas très appropriée mais finalement l'envie de taper est commune dès que quelque chose ne marche pas comme on le voudrait. Par exemple, je tape parfois mon ordi et manque de la balancer par la fenêtre quand il rame pourtant je sais bien que ça ne le fera pas marcher plus vite....
      Une fessée ou une gifle a une fonction de libération de nos nerfs mais a surtout des conséquences graves et sur la longue durée pour les enfants.
      Bon courage pour le fameux terrible two :-)

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  12. Merci pour cet article qui met pile les mots sur la période que je vis actuellement avec ma fille de 17 mois.
    Ca fait énormément bien de ne pas se sentir seule parce que lui crier dessus et avoir envie de donner une fessée, ça me fait toujours énormément culpabiliser. Allez ça passera, hein ?

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    1. C'est pour ça que j'écris, pour partager mes expériences car je sais que ça peut aider, ça peut rassurer d'autres mamans qui vivent la même chose!
      Ne culpabilise pas d'avoir envie de lui donner la fessée. Je pense même qu'il ne faut pas trop culpabiliser si jamais on en donne une. On est humain et l'erreur est humaine. Il faut expliquer son geste et...prendre son mal en patience. Heureusement, les journées sont aussi faites de bisous et de rigolades :-)

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  13. Bon alors je confirme, tu es loin d'être la seule, c'est la même chose ici ! C'est horrible cette culpabilité mais je pense qu'il faut qu'on passe au-dessus.
    On a conscience que ce qu'on fait n'est pas "bien", maintenant, à nous de retenir la leçon et de faire en sorte que cela se reproduise de moins en moins.
    Courage !

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