29 mai 2015

La mère que je n'aurai jamais.


Avec un titre comme ça je pourrais bosser chez Closer! Aujourd'hui, je vais te parler sérieusement (oui parce que d'habitude bon...). Je vais te parler de ma mère à moi. Je te plante le décor tout de go, l'histoire n'est pas rose mais elle n'est pas vraiment triste puisqu'elle finit bien (bim! je te spoile direct)

Pour commencer, ma mère est une gue-din, au sens propre du terme. Les médecins disent "maniaco-dépressive". Je vois pas la nuance mais bon, passons. J'ai vécu mon enfance à ses côtés et aux côtés de mon père biologique et alcoolique les deux premières années de ma vie (autant te dire que je me souviens pas de lui à cette époque). L'année de mes 9 ans, ma mère a pété un plomb. Là encore, au sens littéral. Elle descendait dans les rues et menacer les passants avec un couteau dans la main. Ma famille a réussi à la faire interner de force en hôpital psychiatrique et moi j'ai atterri chez mon père que je ne connaissais pas vraiment mais qui était toujours alcoolique. Il a fait ce qu'il a pu pour m'élever (entre deux cuites) et a réussi à me faire obtenir un bac+5 (ce qui n'était pas vraiment gagné comme tu t'en doutes).

Après 3 ans d'internement, ma mère est sortie et s'est installée à proximité de ses parents et de ma grande sœur. J'allais voir tout le monde régulièrement. Quand j'étais adolescente, je vivais bien cette situation. J'étais même contente de voir ma mère et ma grande sœur (elle aussi très fragile psychologiquement). Puis, j'ai vieilli, j'ai rencontré mon Chéri (le Papa de Junior aujourd'hui), je suis partie à la fac...Je me suis rendue compte que j'allais voir ma famille pour leur faire plaisir à eux car à moi cela me faisait du mal. Ma sœur et/ou ma mère avaient toujours des histoires délirantes à me raconter, leurs situations à chacune n'allait pas en s'arrangeant. Ma mère ne travaillait pas, vivait avec son allocation "handicapés", sous tutelle de l'Etat et ne cherchait pas à s'en sortir plus que ça. Son seul but dans sa vie: sortir en boîte avec ma sœur et se trouver un homme
Il y a deux ans, j'ai dû quitter ma région pour rejoindre mon Chéri parti en Alsace pour du boulot. Je gardais toutefois contact avec ma mère par téléphone. Une fois, ma mère (qui habite l'appart en face de ma sœur) m'apprend qu'elle héberge l'ex de ma sœur. Cet homme porté sur l'alcool et qui a porté plusieurs fois des coups sur ma sœur. 
Moi: QUE-OI???
Ma mère: Bah oui le pov' il dort dans sa voiture. Ta sœur veut pas le prendre chez elle.
Moi: C'est normal après ce qu'il lui a fait bordel! Tu trouves ça normal toi d'héberger un mec qui a cogné ta fille?
Ma mère: oh ta sœur de toute façon j'aurais mieux fait d'avorter!!

C'était la dernière fois que je parlais à ma mère. Un an plus tard, je tombais enceinte. A 4 mois de grossesse je la rappelle pour son anniversaire. Je tente 3 fois dans la journée de la joindre, comptant lui annoncer ma grossesse selon si la conversation s'y prête. Mais, personne n'a décroché. Était-elle de nouveau internée (parce qu'elle fait régulièrement des séjours) ou bien est-ce que je l'ai juste loupé? Est-elle en vie? Je ne sais même pas. Ma mère ne sait donc toujours pas l'existence de mon fils. Je pense vouloir le protéger en cachant son existence auprès de cette partie de ma famille mais parfois je pense à mon grand-père, le père de ma mère, qui lui a la tête sur les épaules et subit les histoires de ses fille, petite-fille et arrière-petites filles (oui parce que ma soeur a fait trois gamins hein...et l'un d'eux est schizo, l'autre retardée et le dernier à peu près normal car placé très vite dans une famille d'accueil). Je voudrais qu'il connaisse mon fils, qu'il le voit au moins une fois...mais je ne peux pas aller là-bas sans craindre de croiser ma mère ou sœur ou nièce...

Bon, tout ça pour te dire quoi? Pas pour que tu t’apitoies sur mon sort puisque, comme je te l'ai dit au début, ça finit bien pour moi: j'ai un homme qui fait la cuisine, un fils merveilleux et bientôt un job. Tout ça pour te dire que si toi, t'as la chance d'avoir une mère "normale", qui prend de tes nouvelles trop souvent à ton goût, qui s'inquiète quand tu prends l'avion pour un pays lointain et dangereux (genre l'Angleterre ou le Danemark), qui t'obliges à venir déjeuner chez elle les dimanches midis, qui te recoiffe quand t'as un épi, qui se propose de garder ton bébé pour que t'ailles t'aérer...bref, si t'as une mère qui t'aime: dis-lui que tu l'aimes aussi (bon sang de bois)! Si tu veux rajouter des fleurs ou un collier de pâtes c'est ton droit mais le plus important c'est de lui dire que tu l'aimes et que tu la remercies d'être là pour toi.

12 commentaires:

  1. Je ne sais pas quoi dire (oui c'est rare), à part (ah, quand même) que dans certains cas, c'est vraiment une chance de pouvoir sortir de sa famille d'origine pour se construire la sienne.

    Quand j'étais (plus) jeune, je n'attendais que ça, quitter ma famille pour faire ma vie. Mais évidemment, même si mes parents ne sont pas parfaits (j'ai une mère qui m'a crié dessus -tout en répétant que ça ne se disait pas "crier dessus"... oui mais qu'est-ce que je dis, moi, pour que tu arrêtes de gueuler, bordel ?- toute mon enfance, et un père qui m'a mise à la porte à 18 ans pour pouvoir vivre tranquille avec sa seconde femme), je n'ai pas vécu le dixième de ce que tu as pu vivre. Et je crois qu'effectivement, ma mère m'aime et sera toujours là pour moi (bon, mon père j'ai des doutes... mais au moins il aime Choupie). Tu fais bien de me le rappeler.

    Un gros câlin pour toi (oui c'est bizarre, mais enfin, si je t'avais dit "plein de poutous" ou "toute mon affection", ç'aurait été bizarre aussi... et pourtant, c'est bien ce que je veux dire). Et ce week-end c'est TA fête, voilà, et j'espère que tu seras chouchoutée comme il se doit.

    Ta nounou aussi a "fait faire" un cadeau à Junior (en fait "t'a fait un cadeau" serait sûrement plus juste) ? Moi j'en ai eu un, et j'ai hésité entre le scepticisme ("genre Choupie a fait ça ?") et l'attendrissement ("oooooh, c'est trop mignon !!"). Après Choupie a voulu le reprendre et a commencé à le déchirer...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Certes j'en ai bavé mais je pense que l'on peut toujours trouver pire... Mon père m'a donné de grosses tartes mais je sais qu'il m'aimait et qu'il a toujours voulu mon bien (oui bon dit comme ça on dirait pas...disons qu'il me poussait dans le bon sens genre "va à l'école le plus loin possible").
      Je prends ton câlin virtuel, ça fait toujours du bien car même si aujourd'hui je vis ma vie loin de tout ça bah j'ai toujours de la tristesse quand je pense à elle et ma sœur et mon grand-père.
      Pour finir, non la nounou n'a rien fait faire à Junior, il n'y est peut-être pas assez longtemps? En tout cas, pas de cadeau en papier mâché cette année, c'est déjà ça de pris ^^ A priori, Choupie n'était pas satisfaite de son oeuvre. Pas à la hauteur de sa mère.

      Supprimer
  2. Oh :(
    Ben tu vois je me dis que ma famille est quand même pas mal relou (et elle l'est c'est vrai), mais ce genre de chose me fait relativiser... Je suis en tous cas bien contente pour toi, que tu sois sortie du lot, pas évident dans ce genre d'atmosphère, tu peux être fière du chemin parcouru.
    Moi aussi je t'envoie un gros câlin, gogo gadget aux bras!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si mon billet peut ouvrir les yeux de certains qui s'imaginent que leurs parents sont insupportables j'en suis ravie! "Sortie du lot"...c'est tellement ça! Des fois, je me disais qu'il y avait eu un échange à la maternité et que j'étais tombée dans la "mauvaise" famille (bon, je suis le sosie de ma mère donc le doute est tout de même très mince).
      Encore un câlin! Yeahhh!!!
      (Parenthèse sur l'inspecteur gadget, j'ai toujours pensé que la chanson disait: "c'est l'asticot gadget" et non "elastico-gadget". Voi-là.

      Supprimer
  3. Oui, moi non plus, je n'ai pas trop de mots.
    A part que tu es sacrément courageuse et volontaire, et que tu as raison de te réjouir d'avoir fonder TA famille à TOI, et de savoir te protéger de ce qui te fais du mal.
    Chapeau, et bonne fête des mères !!!! <3

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Roh lalala j'ai l'impression d'être une supergirl ^^ mais il y a des milliers de jeunes filles dans des familles similaires voire pires en France (je parle pas de l'international car ce n'est pas comparable). Merci pour ton gentil message! Je vais y prendre goût ;-)

      Supprimer
  4. J'ai beaucoup aimé (attends la suite) le "un homme qui fait la cuisine" ahaha ! je pense que c'est une bonne conclusion à ta vie familiale, ça représente tout (au delà de la cuisine elle-même, on se comprend quoi) ! t'as réussi ta vie "malgré tout", et comme cela a été dit plus haut, dimanche, c'est TA fête. Bravo à toi d'avoir réussi à te construire et à être là avec nous ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tant qu'il y a de la vie, y a de l'espoir! C'est étrange mais quand j'y repense j'ai toujours préféré rester dans cette famille plutôt que d'être accueillie dans un foyer de l'enfance. Le syndrome de Stockholm sûrement :-)

      Supprimer
  5. Je te remercie beaucoup pour ton article. Moi je dis de ma mère qu'elle est "toc-toc". Pas facile de se construire. Pas facile d'en parler. Alors merci de nous avoir raconté ton histoire. Bien que singulière, elle fait écho à la mienne et me permet d'avancer. Parce que tes mots sonnent tellement justes... ça fait du bien de les lire. Merci encore.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'allais dire que j'étais contente que nous partagions une histoire similaire...mais en fait ce n'est pas une bonne nouvelle. Alors je vais plutôt être contente parce que je t'ai donné un peu d'espoir pour l'avenir. Bon courage à toi si tu es encore dans ta famille nocive. Un jour la roue tourne ;-)

      Supprimer
  6. J'aime ton billet, je le trouve courageux et c'est vrai aussi, plein d'espoir. Tu es la preuve qu'il ne faut jamais cesser d'y croire, qu'il y a toujours un moment où la vie se rattrape des saloperies qu'elle nous a fait endurer. Je comprends mieux ton caractère un peu "brut de décoffrage", celui-là même qui t'a surement aidé à t'en sortir^^.
    Je suis d'autant plus touchée que pour faire simple quand j'étais petite ma mère me donnait" un morceau de sucre pour le goûter" et l'article que j'avais écrit à ce sujet m'avait fait du bien ainsi que les retours que j'avais pu avoir.
    Bises et que tu puisses profiter sereinement de la vie désormais :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci de t'être donnée la peine de retaper ton commentaire, saleté de blogger!
      Ce billet a été écrit d'une traite (d'ailleurs en relisant j'ai vu au moins une faute...hum...je vais corriger) et m'a un peu permis d'exorciser cette situation "compliquée" car même loin de tout ça je repense régulièrement à eux (malheureusement). Je n'ai découvert ton blog que très récemment...je vais donc farfouiller pour retrouver ton billet sur ta mère à toi (qui a l'air mignonne aussi).
      Merci à toi ^^

      Supprimer